Analyse de La mort du roi Tsongor

Un récit initiatique

La mort du roi Tsongor marque le début du récit. C’est son acte volontaire qui va entraîner bien des conséquences.  La fin de règne du roi Tsongor est la fin d’une époque de paix mais aussi d’un mode de vie notamment pour Souba. Avant de décéder, son père va lui confié une mission posthume qui s’avérera initiatique pour lui.  Les 7 lieux que doit trouver Souba pour en faire 7 tombeaux royaux doivent être à l’image de ce que fut le roi Tsongor, c’est à dire grand et puissant. Drôle de demande la part d’un père sur le déclin. Il demande au plus jeune de ses fils de renoncer à tout, luxe, prestige, confort pour accéder à sa dernière requête.  La mort du roi Tsongor devient donc synonyme pour Souba de départ et de quête. Il est ainsi expédié loin de son royaume, de la guerre. Tel un exilé, il quitte sa famille et Massaba. Son père souhaitait en réalité cet exil pour le confronter au monde. Au début du récit, Souba est un candide, c’est un jeune homme naïf et innocent. Il obéit aveuglement à son père. Il ne comprend pas immédiatement les intentions de ce dernier. Il s’interroge à plusieurs moments dans le récit. Pourquoi son père l’a choisi lui et pas un autre de ses frères ?  Il cherche à savoir également quel homme et quel dirigeant il était. Mais également quel est le sens d’une telle quête. Le rôle que lui a assigné son père, c’est de partir à la découverte du monde  pour grandir humainement et se retrouver lui même. Souba a pour unique bien lors de son voyage, une tunique de deuil. Il arrive donc à construire les 7 tombeaux demandés et l’âme de son père peut donc s’envoler. Souba sort grandi de son périple. Il est ainsi devenu un être sage et réfléchi. Il a appris du sacrifice de son père et de son dévouement contrairement à ses frères.

 

Le tragique de l’œuvre

Le récit se déroule dans une Afrique antique imaginée et idéalisée. Les actes comme les paroles des personnages ont une portée irréversible, définitive et désastreuse sur le royaume du roi Tsongor. Aucun ne peut échapper à son destin, ni le père, ni les frères, ni la fille. C’est le roi Tsongor qui est le premier à comprendre que  » C’est la vie qui s’est jouée de nous ». Il vit avec une épée de Damoclès au dessus de la tête.  Depuis que Katabongola s’est juré de le tuer de ses mains, la mort rode dans sa vie. Dès le début du récit, lors des préparatifs de mariage de Samilia , le lecteur sent une faille dans cette famille royale. Les descriptions des préparatifs fastueuses cachent une menace de guerre et de mort. Le roi sait pertinemment que quelque soit son choix concernant le futur mari de sa fille, il y aura des prétendants mécontents. La guerre devient donc imminente et inéluctable. Face à ce dilemme insoluble, il décide de se suicider. Il espère ainsi qu’en se sacrifiant il évitera une guerre sur son royaume. Mais suite à sa mort, aucuns des prétendants ne suivent la voie de la raison. Tous ses fils partent donc en guerre sauf son fils cadet qui s’exile suite à sa demande. Ils se combattent et s’entretuent les uns et les autres. L’âme du roi  Tsongor  assiste impuissante à la destruction des membres de sa famille. Son royaume qu’il a mis plus de 20 ans à construire est totalement détruit. Il y a plusieurs éléments dans le récit qui renvoient aux tragédies grecques. Samilia par exemple rappelle Hélène de Troie. Deux hommes se battent pour elle, allant jusqu’à détruire un royaume prospère et magnifique. Comme son père a été incapable de choisir pour elle, c’est elle qui se donne à un de ses prétendants. Telle une Phèdre, elle semble prédestinée au malheur.

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